Histoire de l’enterrement de vie de jeune fille : des traditions anciennes à l’EVJF moderne
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Histoire de l’enterrement de vie de jeune fille : des traditions anciennes à l’EVJF moderne
Week-end entre amies, voyage surprise, activités insolites, tenues coordonnées, jeux et souvenirs : aujourd’hui, l’enterrement de vie de jeune fille, plus couramment appelé EVJF, est devenu un rendez-vous incontournable avant de nombreux mariages.
Pourtant, cette tradition telle que nous la connaissons aujourd’hui est beaucoup plus récente qu’on pourrait l’imaginer.
Pendant très longtemps, les hommes ont eu leurs propres célébrations avant le mariage, tandis que les femmes participaient à des rituels très différents, souvent liés à la famille, à la préparation au mariage ou aux traditions religieuses.
Alors, d’où vient l’enterrement de vie de jeune fille ? Comment cette tradition a-t-elle évolué ? Et pourquoi l’EVJF occupe-t-il aujourd’hui une place si importante dans les préparatifs du mariage ?
Retour sur l’histoire d’une tradition qui a beaucoup changé.
Les fêtes avant le mariage existent depuis l’Antiquité
Les célébrations précédant le mariage ne sont pas nouvelles.
Dans certaines sociétés antiques, le passage du célibat au mariage était déjà accompagné de rites et de célébrations. Dans la Sparte antique, par exemple, les hommes partageaient un repas et portaient des toasts au futur marié, tandis que les femmes suivaient davantage des rites religieux et faisaient notamment des offrandes avant le mariage.
Il serait cependant trompeur de parler déjà d’« enterrement de vie de jeune fille ».
Ces cérémonies avaient avant tout une dimension symbolique ou religieuse.
Le mariage marquait alors un changement majeur de statut social, particulièrement pour les femmes.
Avant l’EVJF, des rituels féminins autour de la future mariée
Au fil des siècles, différentes cultures ont développé leurs propres traditions destinées aux futures mariées.
Au XVIIe siècle, certaines coutumes suédoises réunissaient par exemple la future épouse et ses amies avant le mariage autour de rituels comprenant bain, repas et célébrations. En Écosse, des pratiques de « lavage des pieds » sont également attestées au début du XVIIIe siècle avant les noces.
Ces moments permettaient souvent d’accompagner symboliquement la future mariée dans son passage vers une nouvelle étape de sa vie.
Mais l’objectif était encore bien éloigné de nos EVJF actuels.
Pas de week-end à Ibiza.
Pas de tee-shirts « Team Bride ».
Et encore moins de programme secret préparé plusieurs mois à l’avance.
Pendant longtemps, la fête avant le mariage était surtout masculine
Les célébrations masculines précédant le mariage se sont structurées beaucoup plus tôt sous différentes formes.
Le principe était simple : réunir les amis du futur marié avant qu’il ne quitte officiellement sa vie de célibataire.
Au XIXe siècle, les « stag parties » — littéralement les fêtes de garçons — commencent notamment à prendre une forme plus identifiable dans le monde anglo-saxon. Elles pouvaient inclure repas, sorties ou divertissements entre hommes.
Les futures mariées, elles, avaient davantage droit à des réunions féminines beaucoup plus sages.
Les « hen parties », ancêtres de l’EVJF ?
Le terme anglais hen party, aujourd’hui utilisé au Royaume-Uni pour désigner un enterrement de vie de jeune fille, n’était à l’origine pas forcément associé au mariage.
À la fin du XIXe siècle, il pouvait simplement désigner une réunion entre femmes autour du thé, de conversations et de moments de convivialité. Un article américain de 1897 décrivait déjà ce type de rassemblement féminin.
Il faudra attendre bien plus longtemps pour que ces réunions féminines deviennent véritablement l’équivalent des célébrations organisées pour les hommes avant leur mariage.
Les années 1960 et 1970 changent la tradition
Le véritable EVJF moderne commence à prendre forme au cours de la seconde moitié du XXe siècle.
À partir des années 1960, dans un contexte d’évolution de la place des femmes dans la société et de transformation des mœurs, apparaissent aux États-Unis certaines des premières fêtes féminines précédant le mariage qui ressemblent davantage à nos enterrements de vie de jeune fille modernes.
Au départ, ces célébrations pouvaient rester relativement sages : repas entre collègues, soirées entre amies ou réunions destinées à célébrer la future mariée.
Puis, durant les années 1970, elles commencent progressivement à reprendre certains codes jusque-là associés aux enterrements de vie de garçon : sorties, bars, fêtes et activités plus transgressives.
L’EVJF devient alors une manière de revendiquer le droit des femmes à célébrer elles aussi leur dernière période avant le mariage.
L’EVJF devient une véritable fête entre amies
À mesure que la société évolue, la signification du mariage change également.
La future mariée n’est plus simplement accompagnée symboliquement vers son nouveau rôle d’épouse.
L’EVJF devient surtout l’occasion de réunir son cercle d’amies proches.
Les témoins et demoiselles d’honneur prennent progressivement une place centrale dans l’organisation.
On commence à imaginer des surprises.
Des jeux.
Des défis.
Des soirées.
Des activités conçues spécialement pour la future mariée.
L’idée essentielle devient alors beaucoup plus simple :
passer un moment exceptionnel entre amies avant le mariage.
Dans les années 1990 et 2000, l’EVJF change d’échelle
À partir des années 1990 et surtout des années 2000, l’enterrement de vie de jeune fille connaît une nouvelle transformation.
La simple soirée entre amies devient parfois une journée entière.
Puis un week-end.
Et parfois même un véritable voyage.
Les agences spécialisées, les hôtels et les entreprises de loisirs commencent à proposer des activités spécifiquement pensées pour les EVJF.
Spa.
Shooting photo.
Cours de danse.
Brunch.
Escape game.
Atelier créatif.
Week-end à l’étranger.
L’organisation d’un enterrement de vie de jeune fille devient progressivement un véritable petit événement autour du mariage.
En France, l’EVJF, longtemps moins répandu, s’est particulièrement développé au cours des deux premières décennies du XXIe siècle.
L’époque des déguisements et des défis
L’EVJF moderne a également développé ses propres codes.
La future mariée déguisée.
Les tee-shirts personnalisés.
Les écharpes « Bride to Be ».
Les défis dans la rue.
Les accessoires roses.
Les gages.
Certains de ces rituels sont devenus tellement fréquents qu’ils constituent presque une caricature de l’EVJF.
Mais depuis quelques années, les attentes évoluent.
Toutes les futures mariées n’ont pas nécessairement envie de défiler dans une rue déguisées ou de relever des défis embarrassants.
Et l’EVJF se réinvente une nouvelle fois.
Aujourd’hui, l’EVJF devient beaucoup plus personnel
La grande tendance actuelle consiste à organiser un EVJF à l’image de la future mariée.
Une future mariée passionnée de gastronomie pourra préférer un restaurant et un atelier culinaire.
Une amoureuse de la nature choisira peut-être une maison à la campagne et une randonnée.
Une autre préférera un week-end dans une grande ville, un shooting photo ou simplement une soirée avec ses meilleures amies.
Certaines choisissent même une journée très simple :
un joli brunch, quelques activités et beaucoup de souvenirs.
L’objectif n’est plus obligatoirement de « faire quelque chose de fou ».
Il est surtout de créer un moment qui correspond réellement à la personnalité de la future mariée.
Le voyage d’EVJF : une nouvelle tradition
Le week-end EVJF est devenu particulièrement populaire.
Barcelone.
Lisbonne.
Marrakech.
Rome.
Londres.
Une maison en Provence.
Une villa près de la mer.
Le voyage permet de transformer l’enterrement de vie de jeune fille en véritable parenthèse entre amies.
Mais il apporte aussi de nouvelles questions : budget, disponibilités, organisation et durée du séjour.
L’EVJF moderne est ainsi parfois presque aussi soigneusement préparé qu’un petit voyage de groupe.
L’EVJF n’est plus forcément réservé aux traditions classiques
Comme le mariage lui-même, l’enterrement de vie de jeune fille évolue avec la société.
Certaines célébrations deviennent mixtes.
Certains couples choisissent d’organiser une fête commune avant le mariage.
D’autres abandonnent complètement la distinction entre EVJF et EVG pour réunir simplement leurs amis.
Les formes contemporaines de célébrations prénuptiales sont ainsi de plus en plus diverses.
Le principe reste cependant le même : marquer symboliquement le passage vers une nouvelle étape.
Pourquoi parle-t-on d’« enterrement » de vie de jeune fille ?
L’expression peut sembler un peu étrange.
Évidemment, personne n’enterre réellement quoi que ce soit.
Le mot symbolise simplement la fin d’une période de vie : celle qui précède le mariage.
Autrefois, le mariage représentait une frontière sociale beaucoup plus nette entre la vie de célibataire et la vie conjugale.
Aujourd’hui, de nombreux couples vivent déjà ensemble depuis plusieurs années lorsqu’ils se marient.
L’expression a donc largement perdu son sens littéral.
L’EVJF célèbre désormais moins « la fin de la liberté » que l’amitié et l’arrivée d’un grand événement : le mariage.
L’EVJF, une histoire d’amitié avant tout
Derrière les déguisements, les week-ends et les activités, l’enterrement de vie de jeune fille raconte surtout une autre histoire.
Celle des amitiés qui ont accompagné la future mariée.
Amies d’enfance.
Sœurs.
Cousines.
Collègues devenues proches.
Amies rencontrées plus récemment.
Toutes peuvent se retrouver pour créer une parenthèse avant le mariage.
Et quelques années plus tard, ce ne sont pas forcément les activités les plus spectaculaires dont on se souvient.
Ce sont souvent les conversations.
Les fous rires.
Les photos ratées.
Les confidences tard dans la nuit.
Et les petits moments improvisés.
Conserver les souvenirs de son enterrement de vie de jeune fille
Un EVJF produit généralement beaucoup de souvenirs.
Photos du voyage.
Messages des amies.
Anecdotes.
Défis.
Petites phrases cultes.
Portraits de la future mariée.
Tous ces éléments peuvent facilement disparaître dans les téléphones après le mariage.
Créer un magazine EVJF personnalisé permet au contraire de réunir toute cette histoire.
On peut y intégrer les photos, raconter les meilleurs moments, interviewer les participantes, ajouter les conseils des amies ou conserver les anecdotes les plus drôles du week-end.
Le magazine devient alors un souvenir du mariage… mais surtout de l’amitié qui l’entoure.
De la tradition au souvenir d’une vie
L’histoire de l’enterrement de vie de jeune fille montre à quel point les traditions peuvent évoluer.
D’anciens rituels accompagnant la future mariée, on est passé aux réunions féminines, puis aux premières véritables fêtes prénuptiales modernes des années 1960 et 1970.
Aujourd’hui, l’EVJF peut être une soirée, une journée, un week-end ou un voyage.
Il peut être extravagant ou très simple.
Mais une chose reste finalement essentielle.
Quelques jours avant de célébrer une histoire d’amour, la future mariée prend le temps de célébrer une autre histoire tout aussi précieuse :
celle de ses amitiés.